Au passage devant l'Hôtel de Ville, cette masse compacte et colorée réclame son dû : une volée de 450 kilos de harengs saurs emballés sous cellophane (appelés aussi kippers) qui n'est pas sans rappeler le départ imminent des pêcheurs pour l'Islande*. Du haut du balcon central, le maire brandit un homard qu'il présente à la foule qui scande « Delebarre, des homards ». Une telle scène se reproduit six fois. Celui qui a la chance de s'emparer d'un homard (en plastique) peut le rapporter à la mairie où il lui sera remis en échange, un bon pour en obtenir un vrai dans une poissonnerie. En réalité bien peu le font car les carnavaleux préfèrent garder ce trophée pour le montrer à leurs amis.... Après quatre heures de fête, les carnavaleux se retrouvent au pied de la statue de Jean Bart pour la célèbre cantate et le rigodon final. Une émotion, intense saisit alors la foule, un frisson court le long des poitrines et l'on assiste à la scène la plus poignante de la journée sans doute, celle qui permet à la bande de se transformer en une chaîne humaine chaleureuse.
